Modalité générale / principe de la démarche d'intervention/spécificités
Orientations
L’approche clinique proposée est menée en référence au travail des sociologues, ergonomes et cliniciens du travail , notamment à partir des travaux de :
- La centralité du travail (C.Dejours) ;
- La théorie de la régulation sociale (JD. Reynaud) ;
- Le travail comme opérateur de santé (G.Ganguilem) ;
- Les réactions du corps au travail (M.Pezée) ;
- Les règles de métier et les savoirs de prudence (D.Cru) ;
- Les ressources collectives du développement professionnel (Y.Clot) ;
- Les stratégies des acteurs dans un système organisationnel (M.Crozier, E. Friedberg) ;
- …
Elle considère que le travail n’est pas la simple exécution de procédures, mais un arbitrage entre des exigences que les salariés gèrent dans leur activité quotidienne. Ces arbitrages peuvent se faire individuellement ou collectivement.
Elle postule que la souffrance au travail apparaît lorsque ces arbitrages sont investis de contradictions trop fortes, voire impossibles à gérer. C’est en ce sens que le psychologue, clinicien du travail veille à dénouer les situations : afin de les rendre plus claires aux personnes dans leur activité ; afin de leur permettre de reprendre la main sur leurs actions ; afin qu’elles puissent se reconnaitre dans leur travail, sans évacuer les contraintes suscitées par le travail.
D’une manière plus générale, elle s’appuie sur les différentes recherches liées au travail (littérature sociologique philosophique, psychanalytique, anthropologique, etc.) et sur les propositions de l’INRS, des Caisses Régionales d’Assurance Maladie (CARSAT ; CRAMIF), de l’ANACT, et de toutes organisations ressources, attachées à l’amélioration des conditions de travail.
Positionnement de l’intervenant
Le psychologue, clinicien du travail, ne se positionne pas comme un expert, dans le sens où il ne propose pas de solutions prédéterminées. Il est animateur de la parole reçue et structure la pensée individuelle et collective : il laisse émerger les points de résistances ou de ruptures pour les réorienter vers des éléments de développement possible ; il accueille la souffrance au travail avec pour finalité la transformation de cette souffrance en ressource de dépassement, tout en veillant à respecter la temporalité nécessaire à chacun (qu’il soit en séance individuelle ou au sein d’un groupe).
Lorsque le psychologue clinicien du travail effectue une médiation ou analyse une situation, il ne se positionne pas en tant qu’intercalaire entre deux paroles données[1] ou en tant que rapporteur des propos de chacun : il permet à chacun de formaliser la problématique à partir d’un point de vue personnel, afin qu’il puisse la rapporter, tout en étant entendu par l’autre.
L’intervenant est neutre vis-à-vis des participants et de l’institution[2] :
Il vise à dépassionner toute situation ayant une incidence négative sur la prévention des risques professionnels ;
Il recentre les échanges sur le contenu des activités de travail, en veillant à déplacer toute situation individualisée ou à visée de personnalisation (pas de victimisation ou de dénonciation orientée) ;
Il travaille l’expertise sous-jacente des participants afin qu’ils trouvent les solutions les mieux adaptées à leur situation, par-delà les constatations (effets ou conséquences reconnues ou supposées sur les conditions de travail), il analyse les problématiques avec les participants et les faits élaborés entre eux :
- Depuis une prise de conscience des causes cachées ;
- Vers une clarification des problématiques professionnelles et des situations réelles ;
- Et afin de donner à voir les points de transformation possibles.
D’autre part, le Cabinet APSST s’appuie sur un réseau d’intervenants en pluridisciplinarité ; enfin, il agit conformément au code de déontologie des psychologues.
Méthodologie générale d'une intervention
Avant-propos
La santé du travail est placée au centre de la démarche de prévention, en tant que moteur de l’intervention. L’objectif de la prévention c’est le salarié, sa santé et son dynamisme, et l’assurance du « développement durable » de l’organisation.
Les objectifs doivent être clairs : la direction doit afficher son engagement et son exemplarité par une note écrite (dans le journal interne de l’entreprise, à proximité du tableau d’affichage obligatoire, ou par tout autre moyen de diffusion propre à l’entreprise, à l’intention des salariés)
La démarche doit être volontaire et concertée :
La direction, les élus du CHSCT et plus généralement les IRP doivent s’accorder sur les modalités de la démarche
La démarche doit impliquer : l’ensemble des salariés directement concernés ; les représentants du personnel ; la direction
Les trois « strates » préparatoires pour chaque intervention (travail de la demande)
La préparation se divise en trois « strates » successives :
- la proposition du psychologue clinicien du travail, qui agit conformément à son code de déontologie et compte tenu de la situation confiée ;
- la proposition de la direction (ou pôle de direction) qui réagit en fonction de ses possibilités logistiques ;
- la proposition du personnel qui réagit en fonction de l’importance qu’il porte à l’intervention et de ses propres ressentis ; à titre collectif et individuel ; et compte tenu de la façon dont il envisage son positionnement dans l’accompagnement souhaité.
Ainsi l’instruction de l’intervention doit être acceptée ou adaptée afin qu’elle puisse convenir à chacune des parties (intervenant, direction, personnel).
Observation
Après la présentation du service, une observation (participative ou non) facilite le travail en aval. Elle peut également constituer le coeur de l'intervention.
Modalité de constitution des groupes
- Nombre de participants et durée des séances : 2 à 4 personnes pour une durée de 1 h 30/ jusqu'à 12 personnes pour une durée de 3 heures ;
- Volontariat : Chaque participant est volontaire ;
- Confidentialité : Chaque participant s’engage à respecter la confidentialité des propos tenus dans le groupe ; chacun s’engage à ne pas dire à l’extérieur ce qui s’y dit sans le consentement du groupe. En cas de manquement à la règle, le groupe ne peut plus travailler et se dissout ;
- Liberté : Chaque participant peut quitter le groupe quand bon lui semble, sans remettre en cause la clause de confidentialité
- Exigence : Aucun participant ne devra être dérangé durant les séances,
Modalité des séances individuelles ou des entretiens individuels
Les personnes concernées doivent être volontaires. Aucun propos recueilli ne pourra être transmis par l’intervenant, excepté, le cas échéant vers des professionnels du soin, soumis au code de déontologie.
Restitution
La restitution est faite par les participants avec un accompagnement éventuel de l'intervenant. Pour autant une restitution sur la façon dont s'est déroulée l'intervention et le résultat attendu au regard de la demande, pourra être effectuée, notemment au cours d'un CSE (l'invitation devra être faite au moins 15 jours avant, et être acceptée par tous les membres du CSE)